Les bons de souscription

Les bons de souscription sont des outils spéculatifs qui amplifient les hausses mais aussi les baisses des actions cotées en bourse. Les bons de souscription peuvent être émis seuls ou attachés à une action ordinaire ou une obligation. On parlera alors d’actions à bons de souscription d’actions (ABSA) et d’obligations à bons de souscription d’actions (OBSA).

Particularités des bons de souscription

- Les bons de souscription donne à leur titulaire le droit (et non l’obligation) de :
- d’acquérir une ou plusieurs actions nouvelles de la société émettrice
- à un prix fixé d’avance (le prix d’exercice)
- jusqu’à une date d’échéance.

Au delà de cette période, il perd toute valeur. Il est donc impératif de le vendre ou de l’avoir exercé avant l’échéance limite.

La parité d'échange indique le nombre de bons nécessaires pour pouvoir souscrire à une action ou une obligation.

Les prix d’un bon peut être divisé en deux composantes : la valeur intrinsèque et la valeur temps. La valeur intrinsèque est la différence entre le prix actuel de l’action et le prix d’exercice.
La valeur temps est d’autant plus importante que l’échéance est éloignée. Mais elle décroîtra très vite à l’approche de la date d’échéance. Durant les 6 mois précédant la date d’échéance, la volatilité du bon est élevée et l’effet de levier accru.

Attention !

Dès l’émission, les bons se détachent de leur sous-jacent et sont cotés séparément.

Cas pratique : Bon de souscription Lafarge

(code Sicovam 23834)

Date d’échéance : 30 Mars 2001
Effet de levier : 4,22
Prix d’exercice : 74 euros
Parité : une action pour 4 bons
Cours du bon au 13/04/2000 : 5,15 euros
Cours de l’action au 13/04/2000 : 70 euros

Les 4 bons de souscription Lafarge permettent donc d’acquérir une action Lafarge au prix de 74 euros jusqu’au 30 mars 2001 et ce quelque soit le prix de l’action sur le marché à Règlement Mensuel :

Cela signifie que si, au moment de l’échéance, le cours de l’action Lafarge a dépassé 74 euros, il sera plus avantageux de souscrire, pour se procurer une action à un coût inférieur au cours de bourse.

Dans le cas contraire, si le cours de l’action Lafarge est en-dessous de ce niveau, l’opération n’aura aucun intérêt et la valeur du bon deviendra nulle.

Quelle est la prime associée au bon de souscription au 13/04/2000 ?

La prime du bon Lafarge s’élève à :

P = [Prix d’exercice+(nombre de bons x cours du bon)]–cours de l’action divisé par Cours de l'action au 13/04/2000 et multiplié par 100

P = 35%

Que faire ?

P = 35 %. Autrement dit, il faut que l’action Lafarge augmente d’au moins 35% pour que les bons puissent être exercés.

Aussi prêt de l’échéance, cela tient de la gageure. D’autant qu’au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’échéance, la valeur temps du bon se réduit à grande vitesse. Dès lors, il vaut mieux vendre les bons avant que leur valeur ne tombe à zéro afin de dégager une moins value fiscalement déductibles sous conditions.

Pourquoi investir en bon de souscription ?

Côté souscripteur :

- ces instruments financiers ont une utilisation souvent spéculative.
- Avec une mise de départ plus faible, ils permettent au porteur du bon de jouer sur l’effet levier en cas de hausse du cours de l’action. En effet, les bons répercutent mécaniquement la hausse du cours de l’action sous-jacente. Dans la pratique, les spéculateurs n’exercent jamais leurs bons. Ils les revendent en enregistrant une plus value maximale.

Attention !

L’effet de levier joue dans les deux sens. Il se peut que le bon tombe à zéro.

Côté émetteur, le bon de souscription permet :

- une augmentation de capital différée en évitant son coût et son formalisme.
- de pratiquer une décote sur le prix d’exercice moins importante que dans le cas d’une augmentation de capital traditionnelle.

L’émetteur d’une OBSA applique en principe à l’emprunt à un taux d’intérêt nominal moindre que dans le cas d’une obligation simple. Lorsque les bons de souscription sont détenues par des titulaires amis, ils peuvent permettrent de contrer une tentative de prise de contrôle hostile.

Quelques critères pour choisir un bon de souscription

Analyse financière et boursière de l’action sous-jacente : La société présente –t-elle de bonnes perspectives économiques ?

La date d’échéance : Vérifiez que la date d’échéance ne soit pas trop proche.

L’effet de levier : Vérifiez que l’effet de levier soit adapté à votre profil de risque. Un levier de 5 signifie que toute variation de 1% de l’action se traduira théoriquement par une variation de 5% du bon de souscription.

La prime (ou décote) : Dans le cas d’une parité 1/1, elle est égale à la somme du prix d’exercice et du cours du bon, à laquelle on retranche le cours de l’action. Ce chiffre rapporté au cours de l’action, fera apparaître soit une décote (chiffre négatif), soit une prime (chiffre positif). Plus la prime sera faible, plus la bon sera intéressant.